Entretien avec Bertrand Reulet, professeur de physique à l’université de Sherbrooke

Bertrand Reulet est un chef de file mondial en matière de recherche quantique et de bruit non gaussien. Il bénéficie d’une chaire d’excellence en recherche du Canada sur le traitement des signaux quantiques à l’Université de Sherbrooke.

Avant de se voir attribuer cette chaire, Bertrand Reulet a été directeur de recherche au Laboratoire de physique des solides du CNRS à l’Université Paris-Sud XI. De plus, il a été professeur à l’École Polytechnique de France et a travaillé pendant quatre ans au Département de physique appliquée de la Yale University.

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  • Pouvez-vous décrire la nature de votre collaboration avec le Canada ?

Je suis en détachement à l’Université de Sherbrooke car je bénéficie du programme chaire d’excellence du Canada qui  offre à des universités un financement afin qu’elles  soutiennent des chercheurs pour qu’ils mettent sur pied des programmes de recherche dans des universités canadiennes. Le montant du financement est de 10 millions de dollars canadiens, pour une durée de 7 ans.

Le programme prévoit que chaque université canadienne trouve des volontaires et  l’Université de Sherbrooke m’a contacté. Je me suis donc rendu sur place, et comme j’ai beaucoup apprécié ma visite, j’ai rédigé un projet de recherche.

Récemment, j’ai également signé un LIA avec le Laboratoire de physique des solides du CNRS à l’Université Paris-Sud XI, me permettant ainsi de structurer notre coopération scientifique. Je pense que le programme de chaire d’excellence a favorisé la signature de ce LIA car ce programme m’a permis de constituer un solide réseau.

  • Quels sont, selon vous, les bénéfices de la collaboration avec le Canada ?

Je pense que la collaboration avec le Canada est très bénéfique car elle favorise les échanges.

Pour moi, la valeur ajoutée de la collaboration avec le Canada réside dans le contact avec les étudiants car les laboratoires, accueillent en moyenne une dizaine d’étudiants.  En effet, au Canada, les programmes prévoient que les étudiants passent 4 mois dans des laboratoires. En France c’est très différent car il n’y a qu’un ou deux étudiants par laboratoire.

  • Avez-vous rencontré des difficultés au niveau de votre collaboration avec le Canada ?

Je suis basé au Québec, à l’université de Sherbrooke et mon intégration se passe bien car nous partageons  la même langue et nos cultures sont  très proches.

La seule difficulté que j’ai rencontrée réside dans le fait que la communauté de chercheurs est fermée. Chaque communauté est centrée sur son groupe. Ceci rend les échanges un peu difficiles au début et  il faut un peu de temps pour  établir le contact.

  • Un mot pour la fin ?

Oui, mon expérience de coopération avec le Canada est très enrichissante aussi bien d’un point de vue personnel, que professionnel. Ce qui me parait très positif est le fait que mon projet de collaboration avec le Canada était à l’origine personnel puis,  il s’est  agrandi à une communauté de chercheurs et a pris un sens plus large.

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